Chez l'enfant et l'adolescent, l'activité
physique sous forme de sports ou dactivités moins
encadrées a, comme chez ladulte, un effet positif
sur plusieurs aspects de la santé physique: corpulence
et composition corporelle; insulinorésistance et risque
de diabète ; profil lipidique; pression artérielle;
syndrome métabolique et risque cardiovasculaire ; masse
et densité osseuses. En outre, différentes études
suggèrent que les jeunes inactifs sont peu susceptibles
de devenir des adultes actifs physiquement et que les comportements
établis pendant l'enfance et l'adolescence sont des déterminants
essentiels de la santé des adultes. Or selon les enquêtes
menées dans différents pays, la proportion de jeunes
dont lactivité physique natteint pas le minimum
recommandé par les autorités scientifiques augmente
de façon importante entre le début et la fin de
ladolescence, justifiant la mise en place dactions
de prévention. Déjà à lâge
de 12 ans, létude, que nous avons mené dans
le Bas-Rhin auprès de 4326 adolescents, révèle
qu'à peine un tiers des collégiens de 6ème
marchent ou utilisent le vélo plus de 20 minutes par jour
pour aller et revenir du collège. Près de la moitié
des filles et un quart des garçons ne font aucune activité
physique structurée en dehors des cours obligatoires déducation
physique et sportive. Ils y consacrent 84 min/j pour les filles
et 138 min/j pour les garçons alors quils passent
13 heures par semaine à des activités sédentaires
(télévision, jeux vidéos, informatique) et
un adolescent sur trois y passe plus de 2 heures par jour.
Si tout le monde saccorde sur les objectifs
- donner aux adolescents le goût de lactivité
physique - les stratégies les plus efficaces restent à
établir. Les causes de la sédentarisation croissante
des populations sont assez aisément identifiables mais
les moyens de contrecarrer la tendance observée sont mal
définis. Les approches basées sur linformation
et léducation utilisées seules sont insuffisantes
et il convient probablement dagir également sur lentourage
et lenvironnement des adolescents afin de les amener à
découvrir le plaisir dêtre actifs tous les
jours et à réaliser régulièrement
des activités dintensité moyenne ou plus élevée.
Cest sur cette approche, requérant des partenariats
multiples et imposant de sortir du domaine strictement médical,
que repose ICAPS, une étude dintervention randomisée
actuellement menée dans le Bas-Rhin et prévue sur
une durée de quatre ans. Le but de cette étude est
de démontrer quil est possible de modifier le niveau
dactivité physique des collégiens et leurs
attitudes vis-à-vis de celle-ci, et que ces modifications
saccompagnent dun effet favorable sur le risque cardiovasculaire
et le poids. La population cible est représentée
par les élèves entrés en 6PèmeP en
septembre 2002 dans 4 paires de collèges du Bas-Rhin, soit
1048 élèves (522 filles, 526 garçons). Les
élèves des collèges bénéficiant
de laction sont comparés à ceux des collèges
ne bénéficiant pas de laction et servant de
groupe contrôle. Après 6 mois d'action, déjà,
la proportion dadolescents ne faisant pas dactivité
physique structurée en dehors des cours dEPS a été
réduite de moitié dans les collèges «
action », de façon plus nette chez les filles. Parallèlement,
les élèves des collèges « action »
sont 26% de moins que ceux des collèges « témoins
» (28% vs 38%) à passer plus de 3 heures/j devant
la télévision ou leur console de jeux vidéo.
Mais surtout, les élèves des collèges «
action » manifestent une plus grande confiance en eux quant
à leur capacité à faire de lactivité
physique, même en présence dobstacles (stress,
devoirs, fatigue
). Ce paramètre est habituellement
considéré comme un bon prédicteur de changement
de comportement à plus long terme. ICAPS a permis de montrer
quune action centrée sur lactivité physique
est capable dinfléchir le comportement des adolescents
et leur attitude vis-à-vis de lactivité physique
sur une période de 6 mois. Il reste à démontrer
que cet effet persiste à plus long terme, à un âge
habituellement caractérisé par une diminution de
la pratique dactivités physiques, et que ceci saccompagne
dun effet bénéfique sur les facteurs de santé.
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